Plan quinquenal de prévention et contrôle des infections

La découverte de l’antibiotique par Fleming au XXème siècle et le succès éclatant des programmes de vaccination ont donné l’illusion à l’homme d’avoir vaincu les agents pathogènes. L’apparition du VIH et la montée en puissance de la résistance des microorganismes aux antimicrobiens sont les deux premiers phénomènes qui exigent la prudence, la vigilance et l’action pour la résilience. Depuis le début du XXIème siècle, l’émergence de nouvelles maladies à potentiel épidémique telles que l’infection au SARS-COV-1, la fièvre Ebola et autres fièvres virales hémorragiques et l’infection au SARS-COV-2 (COVID-19) a mis à rude épreuve le système mondial de santé. Aussi, est-il besoin de rappeler que parmi les événements indésirables liés aux soins de santé, les Infections Associées aux Soins (IAS) sont les plus courantes. Elles sont responsables d’une morbi-mortalité importante, d’une prolongation du séjour hospitalier, d’un décuplement des dépenses de soins et d’une aggravation de la résistance aux antimicrobiens. Les IAS constituent un véritable problème de sécurité et de qualité des soins. Pour faire face à ce désastre, des actions de prévention sont indispensables. En effet, le comportement humain et surtout celui des soignants comptent pour une part importante dans la transmission et la dissémination des agents pathogènes au cours des soins. Le Règlement Sanitaire International (RSI) a reconnu en 2005 que la Prévention et Contrôle des Infections (PCI) est une stratégie essentielle pour faire face aux menaces de santé publique de portée internationale. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), depuis l’édition en 2009 des principaux volets des programmes de lutte contre les infections, a montré que les menaces représentées par les épidémies, les IAS et la Résistance aux Antimicrobiens (RAM) sont universelles et doivent constituer des priorités d’action dans les systèmes de santé des pays. La 75ème Assemblée Mondiale de la Santé a adopté des résolutions sur la stratégie mondiale de PCI qui demandent aux pays de mettre en place les exigences minimales de PCI au niveau national et au niveau des établissements de santé. Cette stratégie consiste entre autres à soutenir et à garantir la mise en œuvre exacte et efficace des précautions d’hygiène de base et additionnelles visant à prévenir la transmission des infections ; à entreprendre des évaluations régulières des pratiques et à mettre en place la surveillance des IAS. Ainsi, dans le cadre de son engagement continu pour la santé publique, la sécurité des patients et la qualité des soins, la République du Bénin a conçu un plan national dédié à la PCI. Ce document fondamental oriente vers un environnement de soins de santé sécurisé. Il s’agit d’une nécessité qui est mise en exergue par la prévalence actuelle des infections associées aux soins et les défis soulevés par les crises sanitaires récentes, notamment la pandémie de Covid-19. La vision de ce plan est de réduire considérablement la prévalence des infections et d'établir des stratégies de prévention et de contrôle rigoureuses. Elle s'appuie sur les meilleures pratiques internationales adaptées au contexte national. L'analyse situationnelle a révélé des performances PCI insuffisantes, avec un besoin criard d'actions stratégiques pour combler les écarts. Une approche méthodologique regroupant la priorisation des activités, la stratégie multimodale et l’approche en cinq étapes recommandées par l'OMS, a été adoptée pour répondre à ces défis. Cette stratégie est enrichie par une analyse 6 FFOM, qui tire partie des forces du pays et reconnaît ses opportunités tout en atténuant les menaces et les faiblesses identifiées. Cinq objectifs stratégiques ont été définis, chacun étant soigneusement élaboré pour répondre aux lacunes spécifiques mises en évidence par l'évaluation préliminaire. Des interventions se déploieront de manière progressive, chacune soutenue par un dispositif de coordination et de suivi-évaluation rigoureux. Un comité national, agissant sous l'égide de la Direction Générale de la Médecine Hospitalière et des Explorations Diagnostiques (DGMHED), assurera la supervision et l'orientation nécessaires à l’atteinte des objectifs. Le Bénin se dote des moyens nécessaires pour assurer un suivi et une évaluation efficaces de son PQPCI. Un cadre logique guide l'ensemble du processus avec des indicateurs de performance clairement définis. En adoptant une gestion axée sur les résultats, le plan est conçu pour être dynamique et adaptable, assurant ainsi une réponse pertinente aux défis continus dans le domaine de la PCI. Ainsi, le présent PQPCI traduit l'engagement du Bénin à améliorer la sécurité des patients et à réduire considérablement le risque d’infections associées aux soins.